lundi 6 avril 2020

Les Mots qu'ils soient bons ou mauvais






Les mots qu’ils soient bons ou mauvais

                Les mots sont importants dans mon travail et encore plus avec l’Arrêt de tout Mouvement. Ils sont ma source d’extériorisation de mes pensées bouillonnantes… Sinon ce serait l’implosion. Les mots je les utilisent trop ou pas assez… Trop pour des choses futiles et pas assez quand je me retrouve face à mes deux Gardiens de prisons. Ils ne m’écoutent pas, trop attardés dans leur travail mais ils n’entendent pas quand je leur cri que cela n’est pas la vie.

Les mots sont importants, avec l’Échec je les ai souvent mélangés, bégayés ou tout simplement oubliés, alors cette année j’écris au lieu de créer. Ils m’en ont coupé l’envie et j’ai tellement de fureur que mes seules armes ne sont plus que les mots.

Mes très chers Gardiens de prisons n’ont pas la même vision du monde, ni le même mode de vie alors il faut s’adapter pour « survivre » … Je connaissais les conséquences de mes choix avant l’Arrêt de Mouvement mais il était préférable de vivre à plusieurs plutôt que de me laisser dépérir seule. De toute façon je n’en aurai pas eu le choix, ils ne m’en auraient pas laissé le choix !

Je dédie ce travail en silence à Madame Maniaque et ses habitudes qui me désespèrent. Chaque chose doit être à sa place, propre, sinon l’équilibre n’est plus et le silence laisse place à des cris de rage et la peur ambiante.

Assez fou que cela soit, je peux, après le tri des mots, des essais pris avec soin, décider si le livre est plutôt négatif ou positif. Je me transformerai donc en robot nettoyeur avec son bruit qui m’irrite (puta*n d’aspirateur) qui automatiquement juge les mots en bon ou en mauvais. Cette dualité qui m’est très chère du Mal ou du Bien, philosophie de l’équilibre et tout le tintouin qui suit, me vient sûrement de mes très chers Gardiens de prison qui ne peuvent pas s’empêcher de mettre les gens dans des cases. Je dédie ce passage à Monsieur gentil pas trop gentil ou plutôt Monsieur Travail qui ne comprend pas encore que ses salariés sont des êtres humains, que les animaux qu’il soignent sont des êtres vivants et que ce n’est pas parce que quelqu’un a un tatouage que forcément c’est une personne mal attentionnée.

J’aime cette dualité, le travail du noir et du blanc, pour me rappeler chaque jour que nous ne sommes pas que des cases à être rangées, triées en fonction du Bien et du Mal mais que l’équilibre de la vie nous impose tout simplement d’être plus ou moins gris. C’est l’équilibre !

Il est vrai que j’aime faire cela aussi, le tri, tenant une collection de timbre, cela fait deux jours que j’ai terminé de la ranger… Je ne pensais jamais en voir le bout mais j’ai réussi…

Tout cela n’est qu’un énorme canular, hyperbole de la vision de mes Gardiens de prison. Ces livres qu’ils soient bon ou mauvais d’un point de vue scientifique, peu importe car je les aimerai toujours autant ces livres ! Les redécouvrir me permet aussi de m’évader de ma prison… Un peu.

Cela me rappelle que oui j’ai bien grandit et chaque jour je lutte pour éviter d’avoir la même vision qu’eux, les mêmes habitudes. Un rituel pour garder mon espoir et ma réelle vie en place au fond, qui se cache dans un tiroir, sans un bruit. Garder ce même point de vue dans les silences ou dans les cris, ne pas sombrer dans la folie.

Je deviens allergique aux Gardiens de prison.